Date : 17 mars 2005
Janus, outil de simulation pour les combats aéroterrestres

DESCRIPTION GENERALE
Un jeu de guerre
JANUS est une simulation du combat interarmes qui permet de simuler les combats aéroterrestres jusqu'au niveau de la brigade.
C'est une simulation numérique (on dit aussi constructive) c'est-à-dire qu'elle se déroule uniquement sur ordinateur et ne met en œuvre que du logiciel.
C'est une simulation multicamps, car les forces représentées peuvent être réparties dans six camps différents formant plusieurs coalitions.
C'est une simulation interactive en ce sens que des opérateurs interviennent pendant le déroulement de la simulation.
C'est une simulation événementielle stochastique : des modèles d'actions élémentaires s'enchaînent, et chaque résultat d'interaction est calculé sous la forme d'une probabilité d'occurrence comparée ensuite à un tirage aléatoire pour décider si l'application du résultat doit avoir lieu.
Enfin, JANUS est une simulation non-agrégée, dans laquelle le pion de base est le système (un char, un véhicule, un fantassin,…)
Un bref historique
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IHM de JANUS-US
Années 1990 |
Nouvelle IHM de
JANUS-franceAnnée 2000
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Nouvelle IHM de
JANUS-franceAnnée 2006 |
Les versions de base successives ont été développées, et le sont encore, par le TRAC (Training Command Analysis Center) de White Sands Missile Range au Nouveau Mexique. La version du TRAC WSMR est une version " d'analyse ", c'est à dire une version développée pour mener des études tactiques. Chez les Américains, cette version était ensuite reprise et adaptée par le STRICOM (Simulation, Training and Instrumentation Command) pour la rendre plus compatible pour la formation et l'entraînement. Bien qu'utilisée encore dans près de 90 sites, cette version adaptée n'est plus mise à jour.
Depuis 1990, dans le cadre d'un " Defense Exchange Agreement", la France reçoit les versions successives de JANUS, avec le code source.
L'EMAT a confié à la DSRO (Division Simulation et Recherche Opérationnelle) les missions d'adapter ce logiciel aux besoins de l'armée de terre, de le développer et d'équiper les sites français. Le Bureau expérimentations et développement JANUS de la DSRO maîtrise ainsi entièrement le code source du logiciel et fait évoluer JANUS selon les besoins des utilisateurs et les directives de l'Armée de terre. Le travail du bureau consistait initialement à franciser la version américaine. Depuis 2002, la version française diverge de la version américaine et possède des modèles, une interface et des outils originaux. Cette version française de JANUS est dénommée JANUS-FRANCE.
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JANUS tient son nom du dieu romain à deux faces qui gardait les portes de Rome. JANUS, en effet, fut l'une des premières simulations permettant de mener des exercices à double action, c'est-à-dire des exercices où les camps amis ou ennemis ont les mêmes possibilités de manœuvre. Le logo US de JANUS symbolise cette origine. Il a été gardé pour JANUS-FRANCE, rappelant l'origine américaine de la simulation JANUS.
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La modélisation dans JANUS
Le terrain : un carré, de 6 à 200 km de côté.
La simulation JANUS utilise un modèle numérique de terrain qui se décompose en deux couches :
- Un maillage qui permet de stocker les informations d'altimétrie et les informations de présence d'objet de planimétrie propre à chaque maille.
- Une couche où chaque objet de planimétrie (route, forêt, rivière, etc.) est stocké sous forme vectorielle, c'est-à-dire sous la forme d'une suite de points formant des objets linéaires ou des polygones.
Le système : le pion de base de la simulation.
Chaque système est défini dans la base de données comme une plate-forme avec des données techniques nombreuses (poids, volumes, capacité d'emport, consommation en carburant, dotation en munitions, etc…)
On peut attribuer à chaque système des capteurs (trois au maximum). Chaque capteur (œil, lunette optique ou thermique) est caractérisé par des données permettant de modéliser précisément ses capacités : champ de vision, grossissement, mais aussi pouvoir de discrimination en fonction du contraste optique ou thermique de la cible.
Enfin, sur chaque système, on peut adjoindre jusqu'à quinze armes différentes. Une arme est définie par ses caractéristiques techniques (portée, nature de la munition, …), et par toute une série de tableaux donnant, face à tous les systèmes existant dans la base de données, les probabilités d'atteinte en fonction de la posture du tireur et de la cible (système à l'arrêt ou en mouvement, de face ou de flanc, exposé ou à défilement) et de la distance de tir. Chaque munition quant à elle, est caractérisée par des tables d'efficacité face à tous les systèmes (tables de probabilités de destruction). Ces tables d'efficacité dépendent, tout comme les tables de probabilités d'atteinte, de la posture de la cible et de la distance de tir.
Un système est décrit par une dizaine de milliers de données dans la base de données.
Les modèles d'actions élémentaires :
Dans JANUS sont modélisées toute une série d'actions élémentaires du niveau du système. Par action élémentaire, on entend les interactions entre un système et le terrain (déplacement et inter visibilité) et les interactions entre systèmes (détection, tir direct et indirect, destruction). Il existe aussi d'autres modèles de phénomènes du champ de bataille comme la météo, le déplacement des fumées et des nuages chimiques, l'action des mines, etc.
Un certain nombre d'actions particulières sont prises en compte également, comme par exemple la détection par trajectographie (radars de contrebatterie), ou le guidage laser des munitions.
Dans la version 706D, version en place dans les centres depuis l'été 2001, la destruction différenciée est prise en compte : un système peut être endommagé, soit au niveau de sa capacité Feu, soit au niveau de sa capacité Mobilité ou soit au niveau des deux capacités et les fantassins peuvent être blessés (avec trois niveaux de gravité). Les fonctions de dépannage et d'évacuation de blessés (EVASAN) sont également modélisées.
Dans JANUS, il n'y a aucun modèle de comportement ni aucun modèle agrégé. Les processus décisionnels sont déclenchés en grande partie par des opérateurs qui ont en charge la cohérence tactique de l'ensemble de la manœuvre à tous les niveaux.
Les possibilités offertes par la modélisation de JANUS
Grâce à cette modélisation, JANUS peut simuler avec précision et réalisme (en terme de délais et de résultats) :
- Le combat de mêlée, c'est-à-dire
- Le déplacement des engins en fonction du terrain,
- Le processus d'acquisition et de détection,
- Le tir direct avec ses conséquences allant de la destruction partielle ou totale en passant par la neutralisation temporaire,
- L'embarquement et le débarquement de fantassins,
- Le franchissement de coupure,
- Etc.
- Les appuis d'artillerie, c'est-à-dire
- Les tirs indirects avec plusieurs types de munitions (explosifs, fumigènes, obus cargo, obus à mines, obus chimiques, obus à guidage terminal), avec ses conséquences en matière de destruction partielle ou totale et de neutralisation, ainsi qu'en terme d'aveuglement,
- L'utilisation des radars de contrebatterie,
- L'utilisation de l'artillerie sol-air,
- L'utilisation des drônes,
- Etc.
- Les appuis à la mobilité et la contre mobilité, c'est-à-dire
- Le minage et le déminage,
- La pose d'obstacles de manœuvre,
- Le rétablissement d'itinéraire,
- Le franchissement,
- Etc.
- La météo, c'est-à-dire
- La luminosité, qui influe sur les performances des capteurs permettant de jouer notamment des combats de nuit,
- Le vent, qui influe sur les nuages de fumée et les nuages chimiques.
JANUS permet aussi, avec cependant une modélisation plus sommaire de simuler :
- La logistique de l'avant, c'est-à-dire
- Le ravitaillement en carburant et en munitions (avec des délais réels),
- Le dépannage des systèmes endommagés et leur évacuation,
- Les évacuations sanitaires.
- La troisième dimension, c'est-à-dire
- Le vol des aéronefs (uniquement deux altitudes et deux vitesses),
- Le tir air-sol,
- Le tir air-air,
- Le transport aérien.