La simulation apporte souplesse et réalisme à l'entraînement tout en générant des gains de temps et d'argent. Elle permet en effet de conduire des exercices de grande ampleur qui ne pourraient avoir lieu autrement et d'en tirer une analyse après action en ayant une vision synoptique de tout ce qui a été fait, et ce à tous les niveaux. En quelques années, l'armée de Terre s'est dotée d'outils de simulation modernes et adaptés à l'entraînement des Forces terrestres dont SCIPIO fait partie.
SCIPIO équipe le Centre d'Entraînement des postes de commandement (CEPC) de Mailly-le-Camp depuis 2005. Successeur du système américain BBS, il permet l'entraînement des PC de niveau 2 (division) et 3 (brigade).
La division simulation et recherche opérationnelle (DSRO) du CDEF assure la maitrise d'ouvrage de SCIPIO conjointement avec la DGA. L 'outil est élaboré par les sociétés MASA et THALES.
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La mise en service de ce système a coïncidé avec la numérisation de l'espace de bataille dans l'armée de Terre. Cet outil doit donc permettre la mise en ouvre des moyens de commandement utilisés par les forces, et ce, sans induire d'accroissement des effectifs nécessaires à l'entraînement. Cette exigence a poussé à une recherche d'interopérabilité importante entre les moyens organiques de commandement et la simulation ainsi qu'à l'automatisation du comportement des unités simulées. Ces points constituent les enjeux majeurs du projet. |
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La DSRO est l'expert de l'armée de Terre en simulation. A ce titre, elle participe aux projets de l'armée de Terre ou de la Délégation générale pour l'armement (DGA) pour l'expression des besoins, en particulier pour les spécifications techniques et pour l'évaluation technico opérationnelle des prototypes.
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Plus de réalisme pour un entraînement optimisé.
SCIPIO a intégré de nombreuses fonctions visant à améliorer l'entraînement des forces terrestres. Sa capacité à personnaliser les modèles d'unités, à adapter des terrains réalistes (altimétrie, particularité de l'environnement, structures spécifiques : pont, tunnel.), à créer un l'ordre de bataille taillé sur mesure (jusqu'à cinq camps), à gérer la logistique, les conditions climatiques, la configuration des cellules, la persistance des données, permet à cet outil d'être une véritable interface homme-machine. Pour la direction d'exercice, SCIPIO permet un contrôle en temps réel de tous les paramètres : surveillance global de l'exercice, agrégation, alertes, mouvements ou logistique des unités, obstacles, attaque NBC.
SCIPIO, intègre également une fonction « analyse après action » : enregistrement des données d'exercice, possibilité de rejouer le « film » des opérations, moyens d'analyse statistique et représentation de ces analyses (taux de perte, consommations, par phase, par unité, par zone, sous diverses formes comme des courbes ou des histogrammes). Elle produit en outre un support CD-ROM qui synthétise le déroulement et les résultats d'exercice.
Des automates « intelligents » pour simuler l'action des échelons subordonnés.
La spécificité du programme de simulation SCIPIO tient dans la mise en ouvre d'entités dites intelligentes qui exécutent leur mission sans intervention de l'opérateur.
Une modélisation des comportements fidèle au corpus doctrinal des forces terrestres permet aux pions de niveau section de remplir en totale autonomie des missions données par les automates de niveau compagnie sur un terrain numérisé. A la différence de la plupart des simulations où les commandes représentent des actes élémentaires (se déplacer, tirer, se poster...), SCIPIO permet d'alléger la tâche d'animation en plaçant son interface de commande au niveau de la mission donnée à une unité modélisée. Les modèles, en cohérence avec les ordres passés et la perception de leur environnement, réagissent de façon autonome : recherche d'itinéraire, conduite des feux, comportements de sauvegarde... Un animateur peut prendre aisément en compte deux compagnies voire davantage grâce au contrôle automatisé des unités fourni par SCIPIO.
Les modèles couvrent la plupart des domaines opérationnels de l'armée de Terre et les missions des unités jugées les plus importantes. Si la version actuelle de SCIPIO permet essentiellement la coercition de force, les actions liées à la stabilisation et celles en zone urbaine seront bientôt disponibles dans la version baptisée « SCIPIO v1.STAB ».
L'avenir de SCIPIO
Après des difficultés techniques de mise en ouvre liées au caractère ambitieux et novateur de ce projet sans équivalent connu, SCIPIO s'est inscrit comme un outil indispensable à l'entraînement des forces terrestres numérisées. Il reste cependant perfectible. SCIPIO vient d'être soumis à un test de vérification d'aptitude au bon fonctionnement concernant en particulier sa connexion aux systèmes d'information opérationnels (SIO). Des résultats encourageants ont été obtenus lors de ces tests, puisque SCIPIO a pu communiquer de manière satisfaisante avec les SIO. Ce sont des progrès notables, toutefois la connexion sera en partie occultée durant environ deux ans eu égard aux évolutions techniques nombreuses et concomitantes dans le domaine des systèmes d'information et à l'émergence d'une norme en cours d'élaboration concernant les interconnexions SIC-simulations. En effet les exigences liées tant à la numérisation qu'à la mise en ouvre de cet outil innovant nécessitent des aménagements techniques et organisationnels pour permettre la préparation et la conduite de CAX ( computer assisted exercise ) numérisés.
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