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Le sénateur de Rohan et le général d’armée Pierre de Villiers,
major général des armées, ont introduit le colloque. |
Compte rendu du colloque CDEF/CEIS du 14 décembre 2010
La coordination des forces terrestres avec les autres acteurs, y compris avec les forces de sécurité locales, est une des conditions du succès de nos opérations. Pour le général d’armée Pierre de Villiers, Major général des armées, le titre du colloque est l’illustration même des réalités particulièrement complexes de notre environnement opérationnel aujourd’hui, qu’affrontent au quotidien nos soldats en opérations. Il a rappelé que l’approche globale doit s’inscrire dans la réalité de nos engagements, c’est-à-dire :
- qu’elle doit reconnaitre que la guerre n’est plus exclusivement conduite par les militaires, mais que ceux-ci possèdent une expertise essentielle ;
- qu’elle doit coordonner simultanément les différents acteurs et les actions à chacun des niveaux tactique, opératif et stratégique ;
- qu’elle nécessite un décloisonnement des structures ;
- qu’enfin elle induit un partage des responsabilités dans la conception, la planification et la conduite de la gestion des crises.
L’approche globale n’a de sens que si elle débouche sur une manœuvre globale qui construit la paix. Le lien entre stratégique et tactique est ainsi fondamental. Cela implique la prise en compte permanente des mêmes leviers d’action qu’au niveau stratégique, dans les domaines médiatique, social, moral, économique, culturel et religieux. Pour Josselin de Rohan, président de la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, la manœuvre conduite par le chef militaire sur le terrain doit donc intégrer ces paramètres qui se rapportent à la gouvernance, au développement et à la sécurité.

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Les participants de la table ronde « Pistes prospectives et recommandations »
IGA Patrick Niec, Dara Sin, colonel ® Notton, modérateur, Sylvie Bermann et le colonel britanique Marck Christie. |
Comment pour le chef militaire, sur le théâtre, atteindre concrètement des objectifs partagés par l’ensemble des acteurs ? Comment exploiter les synergies entre civils et militaires ? Le colloque a réuni des acteurs de terrain : le général Pierre Chavancy, le général Sainte-Claire-Deville, monsieur francois Grunewald et le général de division afghan Abdullah ainsi que des intervenants dont les réflexions sont plus prospectives le colonel britannique Mark Christie, madame Sylvie Bermann, madame Dara Sin et l’ingénieur général de l’armement Patrick Niec. Ils ont tenté d’apporter des réponses concrètes.
Retours d’expérience d’acteurs
Pour ces hommes de terrain, c’est la combinaison et la planification commune des actions qui permettent d’obtenir les effets attendus au profit de la population. Pour réussir à convaincre cette population, il faut travailler pour elle, avec elle et au travers de ses autorités nationales (armée, police, système judiciaire). La connaissance de l’environnement, avec un partage des connaissances entre l’ensemble des acteurs sur le théâtre, est un facteur clé.
Pistes prospectives
Il n’y pas de modèle générique de l’approche globale : les événements commandent et imposent une vision dynamique de la gestion de crise. Par exemple, les Britanniques ont institué une unité de stabilisation pour la PRT Helmand, dirigée par une personne civile et travaillant avec les Afghans selon leurs us et coutumes. La PRT est conçue comme un facilitateur, car toute l’action de pacification doit être menée par les Afghans, et selon leurs habitudes. Les militaires sont responsables d’abord de la sécurité. Cette sécurité est indispensable au développement d’une bonne gouvernance. A l’ONU, on parle plutôt d’approche intégrée, réunissant au sein des missions de maintien de la paix toutes les dimensions du continuum de gestion de crise. De son côté, la France a adopté en 2009 une stratégie interministérielle de gestion civilo-militaire des crises. Cette stratégie, sous l’égide du ministère des affaires étrangères, réunit l’ensemble des directeurs généraux des administrations concernées par la gestion des crises et les principaux opérateurs français actifs dans le domaine du développement et de la gestion des crises. Une Task Force interministérielle, véritable outil opérationnel pour la gestion des crises, a été mis en place récemment.
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Le général de division Abdullah,
témoin de la coopération de l’ANA avec les forces françaises et
le général d’armée Irastorza
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En conclusion, pour le général d’armée Elrick Irastorza, chef d’état-major de l’armée de Terre, les forces terrestres sont un des acteurs majeurs de l’approche globale. Les forces terrestres resteront donc au cœur de la manœuvre globale, quels qu’en soient les contextes et les finalités, mais elles ne seront plus jamais seules.
Les actes du colloque paraitront courant avril sous la forme d’un numéro spécial de Doctrine tactique.
Une synthèse du colloque sera mise en ligne prochainement sur le site internet du CDEF www.cdef.terre.defense.gouv.fr